Je déteste le "je", mais il faut bien que
:
Puisqu'il est dans le règlement, à moustaches,
J'imagine pour toutes mes rimes,
Des phrases commençant par "je" : sale tâche !
Je souhaite, tous les soirs, bonne nuit aux anges,
En espérant, qu'en leur téléphonant, point, je
ne les dérange
J'aime ce moment, où la nuit, peu à peu descendant,
J'entre dans le silence, enfin, me retrouvant.
Je me souviens d'une photographie jaunie, image du passé,
Jardins enfouis, margelles, violettes aux parfums envolés,
Je souhaite poser sur ce souvenir d'antan, une gerbe de pensées,Je
la vois, courant dans l'herbe, que son pas était léger.
J'ai rêvé, un soir, parce que j'étais lassée,
Oui, j'ai rêvé d'un monde de beauté,
Je doute, hélas, la force revenue, voyant plus clair,
Sous un éclairage plus cru, qu'il existe un jour, soleil amer
!
Je proposeque l'on impose aux dirigeants du monde entier,
D'écrire, tous les mois, un poème avec les pieds,
J'ignore simon offre sera entendue,
Ils sont trop bien chaussés, seuls les poètes ont les
pieds nus.
Je peux, non , je n'aime pas le "je peux",
Il est trop sûr de lui, trop orgueilleux,
Je dois, méfier du "je peux", si je veux
Devenir plus légère, juste un peu…
Je crois, car je suis en apprentissage,
Qu'il faut entendre du "j'espère" le message,
J'espère est plus humble, plus aérien, plus envolé,
Plus proche de nos éphémères destinées.
Je sais que je joue avec moi-même à cache-cache,
Qu'il est bien là, cet orgueil qui, l'horizon me cache,
Je dois, mais le pourrais-je, un jour m'en délester,
Et offrir aux étoiles, mes deux mains et mon cœur exposés.
Alors, s'épanouira fraîcheur, senteur, lumière :
la FLEUR de l'âme,
Celle, qui, jamais, ne se fane.
©Dominique-Marie Gibaud
Concours Poèmourses 1998
Poémourses d'or,
Premier prix ex æquo
de la ville de l'Haÿ-les-Roses
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